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Entre ses bras.

Nicolas, 17 ans, lycéen. Une vie banale, comme tous les jeunes de son âge, mais un amour pour le moins inattendu va chambouler son monde. Qui est ce garçon, quel est son secret ? Au fil du temps, Nicolas comprendra qu'on peut toujours compter sur ses amis et connaîtra un amour infini pour un jeune homme aux abords mystérieux et plein d'énigmes. Ils apprendront ensemble à voir plus loin, malgré les obstacles qui pourraient s'opposer à leur relation dite "anormale" dans une société où l'homosexualité est encore et toujours un tabou.


Fiction terminée !

Il n'y a aucune célébrité !

Les personnages m'appartiennent, pas touche !


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Parce que la beauté
de beaucoup de paroles
ne vaut pas l'intensité
de quelques mots griffonés
au hasard de la plume.
[mine]

x-entre-ses-bras-x

Ajoute-moi à tes préférés si tu le souhaites =)


Si vous voulez être prévenu de la suite, laissez-moi un commentaire =)

Ficofmi Tiret d'encre justoneblogbyme Tout-jap Ca-k-ow Tamara014 S0n-ii-a xx-kinder-surprize-xx Fantastiik-uniivers Prince-tale x3-bord3l-iik Mlle-clo-x Fridaydecember-13th Tsukiyo-kun x-photo-de-eux-x Nightfiction Pub-f0r-st0ry Xunsy Photos-cycliste Ecrirepourmieuxvivre The-miss-understood inexpressif-sentiments Death-moon-x3 la-vie-est-si-cruelle x-overdose-de-lui-x last-bullet xx-bleu-banane-xx

# Posted on Tuesday, 26 May 2009 at 11:15 AM

Edited on Thursday, 29 October 2009 at 11:26 AM

1st

1st
Les premiers flocons de neige commençaient à tomber, épaississant encore plus la brume du matin qui s'étendait au-dessus des toits des maisons, toutes alignées en rang d'oignons, encerclées par un jardin extrêmement bien taillé ou une cour dallée parfaitement propre. Il était près de six heures et demi et les fenêtres reflétaient peu à peu la lumière des lampes qu'on allume à tâtons en se réveillant. L'une de ces fenêtres était éclairée depuis quelques minutes déjà mais aucune ombre ne venait troubler le halo doré qui s'en échappait. Et pour cause, l'occupant de la pièce s'était tout simplement rendormi, son livre de sciences ouvert à côté de lui. Le réveil avait sonné depuis une bonne demi-heure et Nicolas commençait à peine à s'étirer, faisant tomber son livre sur le parquet de sa chambre. Constatant tout de même rapidement qu'il risquait fort d'arriver en retard au lycée, il sauta du lit, enfila le premier jean qui lui passa sous la main, sortit une chemise propre de son placard et descendit les escaliers pour se rendre dans la salle de bain. Il s'aspergea le visage d'eau froide pour se réveiller et essaya de donner un air à peu près coiffé à ses cheveux châtains en bataille, à croire qu'il avait fait la fête toute la nuit ! Après avoir aplati plus ou moins bien sa frange devant des yeux d'un bleu profond, laquelle lui était très utile étant donné qu'il était timide et détestait regarder les gens trop longtemps dans les yeux, il se rendit à la cuisine prendre son petit-déjeuner. Tout était calme, un silence relaxant envahissait la pièce, seulement interrompu par le bruit sourd qui émana de la cafetière quand le jeune homme la mit en marche. Quelques papiers traînaient ça et là sur la table et Nicolas les feuilleta en sirotant son café, faisant vaguement attention à ce qu'il lisait. Pour la plupart, il s'agissait de notes prises chez l'avocat à propos du divorce en cours et de fiches de paye. Il attrapa le journal du matin que son père avait dû amener avant de partir travailler mais il n'y avait rien de très intéressant, hors mis un article sur un accident qui s'était produit dans un lycée il y a quelques mois. Le bâtiment avait pris feu et un élève n'avait pu être sauvé à temps. Il était mort à tout juste dix-sept ans. L'article annonçait que la police avait enfin trouvé la cause de l'incendie mais Nicolas n'eut pas le temps de finir sa lecture. Il regarda sa montre et constata qu'il était déjà sept heures, regroupa ses affaires de classe, enfouit le tout dans son sac à dos et sortit attendre son bus, qui ne tarda pas à arriver. Il se débrouillait toujours pour l'avoir de justesse en ce moment, bien qu'il ratait régulièrement le deuxième bus qui devait l'amener au lycée. Par conséquent, il lui arrivait parfois de prendre les lettres de retard envoyées aux parents et les glisser discrètement dans sa poubelle. Inutile de créer une dispute de plus dans la maison, surtout ces jours-ci.

Le bus était plein à sept heures mais le jeune homme réussit quand même à se trouver une place assise. Le silence et le calme olympien qui régnaient le détendaient, c'était le meilleur moment pour lire son cours, surtout que le bulletin de premier trimestre allait arriver dans quelques jours. L'adolescent soupira à cette idée et se plongea dans son cours de sciences. Il allait s'assoir à l'avant lorsqu' il sentit une main lui attraper le bras et le tirer. Un grand garçon le regardait en souriant de ses yeux étonnamment verts où brillaient une pointe d'insolence et de malice. Ses cheveux blonds rejetés en arrière avec élégance lui donnaient presque des airs d'aristocrate.

« Bien passé ton week-end ? demanda le jeune homme blond.
- Connu mieux... On devrait recevoir les bulletins dans la semaine...
- Oh... Ca ne s'est pas arrangé entre tes parents ?

Nicolas soupira et leva les yeux au ciel.

- Lukas ! Explique-moi le rapport avec mes parents ?
- Aucun, c'était seulement une façon de te demander si ça allait mieux chez toi.
- Ecoute, ça me fait plaisir que tu t'y intéresse mais là je n'ai pas tellement envie d'en parler. »

Lukas observa un instant son ami et ils s'assirent à l'avant du bus. Lukas... Son meilleur ami depuis la maternelle, le genre de copain d'école qui traverse les années et à qui on ose dire de plus en plus de choses, celui qui le connaissait le mieux. Nicolas regarda le paysage défiler tandis qu'ils s'enfonçaient dans le tumulte des rues de Lyon. Des embouteillages commençaient à se former dans toutes les grandes avenues, ils arriveraient sûrement juste à l'heure à l'école. Ils passèrent devant le lycée qui avait été incendié. Des barrières de sécurité avaient été installées juste après l'accident et n'avaient toujours pas bougé, tandis que des dizaines de personnes travaillaient à la reconstruction du bâtiment.

« Ils ont trouvé qui a fait ça, murmura Lukas.

Nicolas sortit de ses pensées et hocha la tête.

- Je sais, mais je n'ai pas eu le temps de lire ce matin.
- L'un des gardiens, un Japonais. Mais ce n'était pas volontaire.
- C'est ce que tout le monde dirait à sa place.
- Nico, quel intérêt il aurait eu à faire brûler un lycée ?
- Il avait eu des problèmes avec le garçon qui a été tué, expliqua Nicolas. Ma mère a été mise sur l'enquête au début. Ne va pas me dire que ce n'était qu'une malheureuse coïncidence. »

Préférant clore le débat vu l'humeur à priori massacrante de son meilleur ami, Lukas haussa les épaules et se leva. Le bus s'arrêta devant le portail de leur lycée et tous les élèves descendirent pour aller en cours. Nicolas eut à peine franchit la porte de la salle de classe qu'une furie brune lui sauta au cou, l'étouffant à moitié. Léonardia, Léo pour faire plus court, recula et plaqua un baiser sonore sur la joue de son ami. Elle tira une chaise à côté d'elle pour que Nico puisse s'assoir. Lukas ne tarda pas à arriver et n'eut que le temps de faire un clin d'½il à son meilleur ami avant que le professeur de sciences n'entre dans la salle. Il était légèrement enrobé et devait frôler la soixantaine si on en jugeait par les rides marquées, les cheveux gris avoisinant le blanc, les yeux ternes et l'inexpressivité de son regard. Il sortit des feuilles de sa sacoche et commença à marmonner son cours en écrivant des formules chimiques sur le tableau, faisant régulièrement une pause pour avaler une ou deux gorgées d'eau. Après une dizaine de minutes, Nicolas ne tint plus et se perdit dans la contemplation du ciel. Moins instructif que la chimie, certes, mais bien plus intéressant. Les formules que son professeur débitait d'un ton monotone s'inscrivaient entre les nuages quand elles parvenaient jusqu'au cerveau du jeune homme et cela le faisait sourire intérieurement. Occupé à détaillé chaque parcelle de nuage, Nico fut surpris quand la sonnerie retentit. Léo lui fit un sourire compatissant et partit rejoindre son petit-ami tandis que Lukas arrivait en bâillant.

« C'est hallucinant comme ce prof peut être barbant ! Il y a des jours où je regrette presque de ne pas être parti en première éco !
- Parle pour toi, si ma moyenne n'est pas meilleure que ça au deuxième trimestre je risque fort de devoir partir en première éco ! plaisanta Nicolas en donnant une tape amicale sur l'épaule de son meilleur ami.
- Ouais... En attendant, un café me ferait le plus grand bien !
- Lukas ! On ne va pas faire l'école buissonnière tous les lundis matins !
- Et pourquoi pas ? Ok pour aujourd'hui mais on ira en boire un demain matin avant les cours !»

L'adolescent acquiesça d'un signe de tête et essaya de se motiver en vue du contrôle qu'ils allaient avoir dans quelques minutes ainsi que tous les autres cours de la journée.

Le reste de la matinée se passa plutôt bien et Nicolas avait même l'impression d'avoir réussi son devoir. A midi, il rejoignit Léonardia à la cantine avec Lukas et la jeune fille entama aussitôt la conversation :

« Vous saviez que la directrice a organisé un concours scientifique ? Le gagnant devrait passer un week-end à Paris avec de nombreux grands scientifiques européens durant la journée de la science et des mathématiques. Ca doit être formidable !
- Ca existe ça ? demanda Nicolas, sceptique.
Lukas fit une moue désabusée et haussa les épaules.
- C'est bien pour les minettes qui veulent devenir premières de la classe ça ! Rassure-moi, tu ne vas pas le faire ? Léonardia ?!
- Ne m'appelle PAS Léonardia !

Léo s'appuya nonchalamment contre le dossier de sa chaise en croisant les bras sur sa poitrine.

- Oserais-tu remettre en doute mes capacités à participer à un concours autre que vos matchs de basket ?
- C'est à peu près ça, railla Lukas. Non mais sérieusement, tu ne vas pas participer ?
- Si ! répondit la jeune fille en rejetant ses boucles brunes en arrière. Simplement pour t'embêter.
- Les filles je te jure ! murmura Lukas à l'oreille de Nico. Il y a des jours où c'est vraiment... difficile à supporter !»

Nicolas se contenta d'un sourire amusé, sous le regard menaçant de la jeune fille, et le reste du repas se déroula dans le calme, ponctué de quelques réflexions au sujet des cours ou des professeurs. Ils allaient débarrasser leurs plateaux quand un grand garçon brun s'approcha d'eux. Ses yeux sombres luisaient d'un air moqueur tandis qu'il s'installait debout derrière Nico, tapant du pied en signe d'impatience.

« J'ai faim alors tu pourrais te dépêcher de partir parce que je ne tiens pas à manger debout.
- Oh, navré de perturber le repas d'une personne aussi charmante que toi Enzo. »

L'intéressé ne répliqua pas, se contentant de ricaner. Lukas tira son ami par le bras, préférant éviter une dispute sous le nez des professeurs, et lança un regard furieux à Enzo avant de quitter la cantine.

# Posted on Tuesday, 26 May 2009 at 11:29 AM

Edited on Friday, 17 July 2009 at 2:44 PM

2nd

2nd
A dix-sept heures tapantes, la sonnerie retentit et Lukas et Nico quittèrent le lycée. Le garçon blond regarda le ciel d'un ½il mauvais.

« Il va pleuvoir, dit-il. On se voit demain, passe le bonjour à tes parents !
- Pas de problème ! »

Lukas prit le chemin du retour et Nico fut à peine assis que la pluie vint se fracasser à grosses gouttes contre les vitres de l'abribus. Le jeune homme marmonna un juron et constata qu'il n'était pas seul. Un garçon d'à peu près son âge était assis à côté de lui, ses cheveux sombres ruisselants le long d'un visage aux traits fins. L'inconnu se tourna vers lui et Nicolas ne put qu'admirer les yeux, grands et dont la couleur oscillait entre le bleu et le gris. Il était persuadé ne jamais avoir rencontré un tel regard auparavant, que ce soit au lycée ou ailleurs, mais, comme son bus arrivait, il n'eut pas l'occasion de s'interroger davantage. Il monta, essaya d'avoir l'air coiffé et pas comme quelqu'un qui sort de la douche, et s'installa contre une fenêtre. Il regarda à l'extérieur et vit que le jeune homme ne le lâchait pas des yeux. Le bus démarra, effaçant aussitôt le paysage, et la buée qui s'était déposée sur les vitres s'intensifia. Nicolas arriva chez lui aux alentours de six heures et s'allongea un instant sur son lit, épuisé. L'image de l'adolescent de tout à l'heure, à l'arrêt de bus, ne quittait pas ses pensées. Il savait qu'il ne l'avait jamais vu mais son visage lui rappelait vaguement quelqu'un. Restait à savoir qui... Il descendit à la cuisine et découvrit avec horreur son père, assis à la table, lisant ce qui ressemblait dangereusement à un bulletin de notes. Les quarante-cinq ans tout juste passés, il avait l'air fatigué et des cernes lui gonflaient les yeux. Ses cheveux grisonnants étaient coupés courts et son visage n'était pas franchement expressif, bien qu'il ait un air assez stricte. S'attendant à des remarques épicées à propos de ses notes du premier trimestre, Nicolas se passa nerveusement la main dans les cheveux et s'assit en face de son père. Celui-ci leva la tête et posa sèchement la feuille sur la table.

« Rien à dire je suppose ?

Nicolas haussa les épaules, à quoi bon argumenter ce qui ne pouvait pas l'être ?

- Je vais me rattraper... dit-il finalement. J'ai juste été un peu ailleurs mais je vais m'y mettre sérieusement. Tu ne me crois pas ? ajouta-t-il devant l'½il sceptique de son père.
- Je devrais ?

Piqué au vif, le jeune homme se redressa et répondit d'un ton ferme.

- De toute façon quoi que je puisse dire tu ne me croiras pas, ça fait un moment que j'ai laissé tomber les conversations avec toi. A croire que tout ce qui peut être constructif t'échappe. »

Il quitta la cuisine sans donner le temps à son père de dire un mot et à peine fut-il entré dans sa chambre qu'il commença à maugréer. Comme s'il n'avait que ça en tête, l'école et les cours. Et en plus, le bulletin n'aurait pas dû arriver aussi tôt, il aurait pu avoir quelques jours de répit. Il se doutait bien que son frère, Victor, n'allait pas cesser de rouspéter après lui. D'ailleurs depuis trois ou quatre semaines, Victor était le seul de la famille qui se préoccupait de Nicolas en voulant savoir à quoi il passait son temps. Nico entendit la porte d'entrée claquer. Sa mère avait fini de travailler et il savait déjà ce qui allait se produire, comme à chaque fois que ses parents se retrouvaient dans la même pièce. Les voix montèrent rapidement et le calme ne retomba que pour le dîner, bien que le silence soit pesant. Patricia, la mère de Nico, ne fit aucun commentaire à propos du bulletin, se contentant de le lire à la fin du repas, en sirotant une tisane. L'adolescent retourna s'enfermer dans sa chambre, le seul endroit où il se sentait à l'aise, et passa deux bonnes heures à t'chater avec Lukas, Léo et quelques autres de ses amis sur l'ordinateur, avant de plonger sous les couvertures. C'est ce moment-là que choisit Victor pour faire son apparition dans la chambre de son frère. Il entrebailla la porte et demanda :

« Tu dors ?
- Tu rentres seulement maintenant ? »

Victor regarda sa montre et haussa les épaules en voyant qu'il était plus de vingt-trois heures. Il vint s'assoir sur le lit tandis que Nicolas se redressait, attendant toujours une réponse.

« Je suis passé chez une copine après la fac.
- Ok...
- Tu as déjà eu ton bulletin ?

Nico se renfrogna et Victor préféra changer de sujet.

- Ca doit faire deux ou trois jours qu'on ne s'est pas vu, on se loupe tout le temps ! Quoi de neuf depuis ?
- Pas grand-chose... »

Le jeune homme hésita à parler du garçon qu'il avait vu, bien que son image trottait encore dans sa tête. Voyant que Victor ne semblait pas pressé de partir, il fit une brève explication :

« J'ai croisé quelqu'un tout à l'heure... Enfin je ne sais pas qui c'est, sa tête me rappelle vaguement quelque chose.
- Pourquoi tu ne lui as pas demandé ?
- Victor, heureusement que je ne t'écoute pas ou j'aurais déjà demandé à la moitié des gens dans la rue si je les connaissais !
- Je n'ai pas dit ça mais...
- C'est pas grave laisse tomber. De toute façon, il n'avait pas l'air franchement de bonne humeur...
- Ok. Bonne nuit.»

# Posted on Wednesday, 27 May 2009 at 2:48 PM

Edited on Thursday, 29 October 2009 at 12:14 PM

3rd

3rd
Depuis deux jours, la neige n'avait cessé de tomber et la chaussée arborait un magnifique manteau blanc qui scintillait à la douce lumière du soleil. Le temps s'était rafraîchi et le vent sifflait dans les oreilles de Nicolas alors que celui-ci attendait son bus aux alentours de sept heures. Perdu dans ses pensées, les yeux dans le vague, il n'entendit pas quelqu'un s'assoir à ses côtés. Il mit quelques secondes à se rendre compte qu'il y avait une présence autre que lui, ce qui était plutôt rare dans ce quartier où il n'avait pas l'habitude de croiser des jeunes, et il sursauta. Le nouvel arrivant n'était autre que celui qu'il avait croisé il y a quelques jours, à la différence près que cette fois, ses cheveux étaient secs et qu'il semblait de meilleure humeur.

« Tu prends souvent ton bus ici ? demanda Nicolas, toujours persuadé d'avoir déjà vu ce visage quelque part.
- Je ne prends pas le bus, répondit le jeune homme.

Nico observa un moment le garçon, intrigué.

- Je m'appelle Joris.
- Nicolas.»

Une vieille dame les rejoignit sous l'abribus, s'affairant dans son sac à main. Nicolas la regarda faire un moment puis reporta son attention sur son voisin. Joris le remarqua et éclata de rire en rejetant ses cheveux en arrière.

« T'es pas obligé de me regarder comme ça !

Nico rougit légèrement et tourna la tête.

- Je ne te regardais pas.
- Mais oui, mais oui.
- Tu as quel âge ?
- Dix-sept et toi ?
- Pareil. Je ne t'ai jamais vu ici, tu es nouveau ? »

Nicolas n'attendit pas la réponse, trop ébahi par l'attitude de la femme à ses côtés. La vieille dame le regardait avec des yeux comme des soucoupes, la bouche entre-ouverte. Ne sachant pas quoi faire, Nico s'approcha d'elle et lui demanda si elle allait bien et elle se plaqua contre la vitre de l'abribus. Le jeune homme s'arrêta et se tourna vers Joris, qui avait soudain l'air lointain, les traits du visage plissés. La vieille femme récupéra le sac qu'elle avait posé par terre et s'éloigna de l'arrêt. Préférant passer outre la dame, ne comprenant pas sa réaction, Nicolas soupira et regarda l'heure sur son téléphone portable. Il allait encore être en retard si le bus était bloqué par la neige et il aurait droit aux remarques exaspérées de Léonardia et Victor.

« Toi non plus tes parents n'aiment pas trop quand tu arrives en retard ? demanda Joris avec un sourire amusé.
- Pas vraiment non... Tu habites Lyon ou tu es seulement ici pour des vacances ?
- J'habite ici.
- On s'est peut-être déjà vu... supposa Nicolas, espérant que Joris l'aiderait à le reconnaître.
- Non je ne crois pas, moi en tout cas je ne t'ai jamais vu.
- Oh je vois. »

La neige s'épaississait peu à peu et le vent devenait de plus en plus froid, faisant grelotter les deux adolescents.

« Tu veux qu'on aille boire quelque chose ? demanda Joris. Apparemment, le bus ne viendra pas aujourd'hui.
- Avec plaisir. »

Ils se levèrent et, au même moment, une voiture vint les éclabousser de boue et de neige. Nicolas marmonna trois ou quatre jurons avant de se reprendre et d'essuyer son jean comme il le pouvait. Il jeta un coup d'½il à son sac à dos pour vérifier son état et son visage pâlit à vue d'½il.

« Mon sac... Mes affaires ! Ca va être tout trempé ! »

Joris, occupé à enlever la boue de ses chaussures, regarda le sac de Nico d'un air désolé.

« Tant pis pour tes cours... Le sac ça devrait aller. Viens, je connais un café sympa, on sera au chaud et à moins que tu sois un fantastique malchanceux, le café ne te tombera pas dessus. »

Nicolas esquissa un léger sourire et suivit le jeune homme. Ils marchèrent pendant une petite vingtaine de minutes et s'arrêtèrent devant une enseigne où était inscrit en lettres lumineuses « The Paradize ». Nicolas poussa la porte et choisit une table un peu en retrait, à côté d'une étagère où étaient exposés plusieurs journaux. Joris s'installa en face. Une serveuse s'avança vers eux et d'adressa à Nico :

« Bonjour, qu'est-ce que je vous sert ?

Nicolas se tourna vers Joris et celui-ci secoua la tête.

- Un café s'il vous plaît. »

La serveuse observa un instant du côté de Joris et repartit. Nicolas sortit ses affaires de cours de son sac et lâcha un soupir las. La moitié de ses notes était mouillée et donc inutilisable mais heureusement, les livres n'avaient rien. Il se tourna vers son voisin et constata que celui-ci regardait les journaux, le regard vide de toute expression. Nicolas en prit un au hasard et commenta.

« Tu n'aimes pas lire les journaux ? Je trouve ça plutôt intéressant, malgré le fait qu'on nous montre tellement d'horreurs que plus rien ne nous touche vraiment...
- Ils ne racontent qu'un tissu de bêtises, répondit Joris à voix basse. La moitié de ce qu'ils disent, ils l'ont seulement entendu et ne sont même pas sûrs que ça soit vrai.
- Je ne suis pas vraiment de ton avis... »

Voyant que l'humeur de Joris était passée du beau fixe à l'énervement, Nico préféra se taire et remua sans trop y prêter attention le café que la serveuse vint lui apporter. Il reçut au même moment un SMS de Lukas qui lui demandait ce qu'il faisait mais il ne prit pas la peine de répondre.

« C'était qui ? demanda Joris, soudain intéressé.
- Oh, c'est Lukas. Un ami...
- Ah. Ton petit copain ? »

Nicolas faillit s'étrangler avec son café et toussa pendant quelques secondes avant de retrouver tous ses esprits. Il regarda Joris avec des yeux ronds et constata que le garçon avait un sourire goguenard.

« Désolé, je ne voulais pas t'étouffer, plaisanta-t-il.
- Ce n'est pas grave... Pourquoi voudrais-tu que ça soit... enfin... mon copain ?
- Pourquoi pas ? »

Nicolas fronça les sourcils et s'adossa contre le dossier de sa chaise, les bras croisés sur la poitrine. Lukas était la seule personne au courant de son attirance pour les garçons et le fait que Joris lui balance ça de but en blanc ne lui inspirait guère confiance, mais l'intriguait en même temps. Il haussa les épaules pour montrer qu'il n'avait pas envie de continuer sur ce sujet-là et remarqua que les flocons avaient cessé de tomber. Le soleil commençait à faire fondre la neige fraîchement étalée sur le béton de la chaussée et son bus allait sûrement passé. Après tout, il n'aurait même pas deux heures de retard. Et vu l'attitude de son père, il valait mieux qu'il ne rate pas les cours toute la journée. Il laissa la monnaie sur la table, salua Joris d'un signe de tête et quitta le café. Il vit au moment où il referma la porte derrière lui que la serveuse le regardait d'un air bizarre mais n'y prêta pas attention. Peut-être avait-elle simplement entendu la conversation. Malgré le soleil, le froid était toujours présent et il était frigorifié quand il atteignit enfin son arrêt où il attendit le bus qui devait l'amener au lycée.



Désolée pour la qualité du montage lol j'ai fait ce que j'ai pu ^^

# Posted on Saturday, 30 May 2009 at 10:21 AM

Edited on Friday, 17 July 2009 at 12:20 PM

4th

4th
« Nico !!! »

L'interpelé eut à peine le temps de se retourner que Léo lui criait déjà dessus.

« Je t'ai envoyé un message il y a deux jours pour te dire que je m'inscrivais hier matin au concours scientifique et tu n'es pas venu, tu me l'avais promis ! »

Nicolas prit un air contrit quand il se rappela qu'il était finalement rentré chez lui hier après avoir vu Joris. Il avait complètement oublié qu'il devait accompagner la jeune fille aux inscriptions. Enzo profita de ce moment pour apparaître dans le champ de vision de Nico et le bouscula en passant à côté de lui. L'adolescent voulut l'insulter mais Léo ne lui laissa pas le temps de placer un mot.

« Quand est-ce que vous allez arrêter tous les deux ? Ca fait deux ans que ça dure, ce n'est fini les gamineries de ce genre ?
- Ca ne fait pas deux ans Léo, ce salopard me suit depuis le collège ! »

Léo ne releva pas l'insulte et continua sur sa lancée :

« Même Lukas ne savait pas où tu étais, tu le préviens tout le temps quand tu ne viens pas en cours !
- Oh merde Lukas !
- Tu pourrais au moins parler correctement, il y a des profs ici ! » s'indigna Léo.

Ne répondant pas à la remarque digne de celles de sa mère, Nico se faufila entre les élèves qui attendaient devant leurs salles de cours. Il fallait qu'il retrouve Lukas, il avait deux ou trois choses à éclaircir avec lui au sujet de la conversation qu'il avait eu la veille avec Joris. Il retrouva son meilleur ami en pleine conversation avec une fille du lycée qu'il n'avait jamais vu mais ne se gêna pas pour se planter au milieu des deux jeunes gens.

« Lukas, il va falloir qu'on parle. Tout de suite. »

Il jeta un regard éloquent à la jeune fille qui partit sans demander son reste. Lukas voulut protester mais Nicolas ne lui en laissa pas l'occasion. Il le tira en arrière et l'emmena dans un endroit de la cour où ils pourraient être tranquilles, derrière un épais mur en béton.

« Nick on va arriver en retard et la prof m'a déjà...
- On s'en fiche ! l'interrompit Nicolas. Est-ce que tu connais quelqu'un qui s'appelle Joris ?
- Joris ? Non, jamais entendu parler. Pourquoi ?
- Alors comment tu expliques le fait qu'il m'ait demandé si je sortais avec toi ? »

Lukas resta sans voix un instant et reprit ses esprits quand la sonnerie retentit.

« Je ne sais pas, mais je t'assures que je n'ai rien dit. Nico tu me connais non ? Même quand on se disputait je n'ai jamais été dire un truc comme ça à qui que ça soit ! Je te le promets. Et les mecs ce n'est pas mon truc de toute façon. »

Nicolas jaugea un instant son ami et soupira, s'adossant contre le mur. Lukas lui serra amicalement l'épaule avant de désigner le bâtiment en face d'eux d'un signe de tête.

« On va vraiment finir par avoir des problèmes. Allé viens. En plus, Léo risque de faire la tête.
- C'est sûrement déjà le cas, maugréa Nico. J'ai oublié de l'accompagner hier, pour son inscription à son truc de sciences.
- Oui je sais elle m'en a parlé toute la journée. Tout ça pour voir la Tour Eiffel !

Nicolas regarda son ami sans comprendre et celui-ci leva les yeux au ciel.

- Elle va aller à Paris ! Un congrès de scientifiques ou quelque chose comme ça...
- Oh... Je vois. »

Ils se dépêchèrent de monter dans leur salle de classe, espérant arriver avant leur prof d'anglais, mais ils n'eurent pas cette chance.

« Ah tiens, Nicolas Leroy et Lukas Faure. J'avais espéré l'espace d'une seconde vous voir arriver à l'heure, mais je suppose que s'était trop vous demander. Asseyez-vous et en silence. Vu vos bulletins, il vaudrait mieux ne pas trop vous faire remarquer n'est-ce pas ? »

Nicolas serra les dents et suivit Lukas à une table libre, à côté de la fenêtre. Il sortit son cahier d'anglais et commença à prendre des notes. Enzo était dans la même classe que lui et se trouvait par malchance au rang juste devant le sien. Le grand brun en profita pour se retourner et eut un rictus.

« Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu te fasses remarquer ?
- Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu t'occupes des affaires des autres ?
- Leroy se rebelle...
- Je me passerais volontiers de tes commentaires ô combien élogieux à mon égard, merci.
- Hahaha... »

Il n'en rajouta pas et replongea dans son cahier. Nicolas en fit de même avant de se rendre compte, quelques minutes plus tard, que Lukas était immobile à côté de lui. Et pour cause, l'adolescent avait l'air subjugué par les immeubles délabrés et ceux plus modernes qu'on pouvait voir à l'extérieur. Le menton calé contre la paume de sa main, il avait l'air d'avoir complètement décroché du cours. Malheureusement, Nicolas n'était pas le seul à l'avoir remarqué. Le professeur Julia Turner, une femme d'une quarantaine d'années, un peu rondelette et avec des cheveux bruns régulièrement gras attachés derrière la nuque, s'approcha d'eux et frappa son livre contre la table. Lukas sursauta et son visage devint livide en voyant l'expression furieuse de Mme Turner, qui ressemblait fort à ce moment précis à un dragon enragé.

« Mr Faure, si mon cours ne vous intéresse pas, vous pouvez tout aussi bien aller regarder les immeubles dehors. Quand cesserez-vous donc de dormir en classe ? Non seulement vous arrivez régulièrement en retard, mais en plus vous êtes ici en véritable touriste ! La prochaine remarque que je vous ferais sera la dernière et vous finirez le cours dans le bureau du proviseur. Me suis-je bien fait comprendre ? »

Lukas ouvrit la bouche pour sortir la réplique cinglante qu'il avait à l'esprit mais Nico lui donna un léger coup de pied dans le tibia pour l'en dissuader. Satisfaite, Turner retourna au-devant de la classe pour continuer son cours et Lukas reprit sa position initiale en soupirant. Quand la sonnerie se fit entendre, se fut un véritable soulagement et Lukas et Nicolas sortirent de la salle le plus vite possible. Leo les rejoignit rapidement et ils se rendirent au cours suivant.

« Vous êtes vraiment intenables tous les deux ! Qu'est-ce qu'il faut faire pour que vous appreniez enfin à vous tenir tranquilles ?
- Hé ! s'exclama Nicolas. J'ai rien dit pour une fois alors s'il te plaît ne t'en prends pas à moi !
- Lukas ? menaça la jeune fille en le voyant prêt à riposter.
- Rien... De toute façon je ne sais même pas pourquoi on l'a cette prof ! Si j'aimais l'anglais je serais allé en littéraire !
- Moi non plus je n'aime pas mais on fait avec ! soupira Leo.
- Toi ? Tu as toujours des bonnes notes de partout!
- Lukas, les seules bonnes notes que j'ai, c'est en physique et en maths.
- Ouais enfin c'est déjà pas mal si on compare tous les deux... »

La conversation s'arrêta ici et le reste des cours se passa mieux que le précédent. Les trois jeunes gens finissaient à dix-huit heures et Nicolas fut soulagé quand il sortit enfin du lycée. Lukas l'accompagna jusqu'à mi-chemin et partit attendre son bus tandis que Nico rejoignait le sien. La neige était retombée durant la nuit et le sol était verglacé à certains endroits. Le jeune homme manqua de tomber et retrouvait son équilibre quand il entendit quelqu'un rigoler derrière lui. Il fit volte-face et resta figé sur place. Joris le regardait d'un ½il amusé et il marcha avec lui jusqu'à son arrêt. Il n'y avait qu'eux et ils purent donc s'assoir, ce qui arrangeait fort Nicolas puisque ses jambes étaient engourdies par le froid. Le vent s'était remis à souffler, faisant voler sa frange qu'il essayait tant bien que mal de remettre en place toutes les quinze secondes. Joris observa ce manège pendant quelques minutes et se rapprocha de Nico. Celui-ci suspendit son geste, déglutit difficilement mais ne se décala pas. A quoi est-ce que ce garçon jouait ? Il était vraiment... spécial.

« Désolé pour hier.

Nicolas lança un regard d'incompréhension à son voisin qui tourna la tête.

- A propos de ton ami... Lukas je crois. Je ne voulais pas t'énerver.
- Tu le connais ?
- Non. Pourquoi je le connaitrais ? »

Nico ne répondit pas et fronça les sourcils. Alors comme ça ce Joris savait des choses que même Leo ne connaissait pas et pourtant il ne semblait pas connaître ses amis. Le bus arriva et il grimpa à l'intérieur, mettant fin à ses réflexions. Le visage de Joris s'effaça quand le bus démarra mais ses yeux restèrent plantés dans la tête du jeune homme, bien contre son gré.

# Posted on Sunday, 31 May 2009 at 7:20 AM

Edited on Thursday, 29 October 2009 at 12:26 PM

5th

5th
Depuis une semaine, Nicolas n'avait pas revu Joris et n'avait pas non plus eu de ses nouvelles. Ses notes n'avaient pas fait un bond exceptionnel mais en tout cas, elles n'avaient pas chuté. L'adolescent était assis en tailleur sur son lit, le dos callé contre son oreiller, et regardait la télé accompagné par Lukas et un paquet de guimauves. On était samedi et il était rentré quelques minutes plus tôt de l'entrainement de basket avec son meilleur ami. Fatigué, Lukas s'allongea sur le lit, les bras derrière la tête. Nicolas baissa le son de la télé et se tourna vers son ami, l'air préoccupé.

« Nick ? Ca ne va pas ?
- Ecoute tu va me prendre pour un fou mais... Tu penses que c'est possible que quelqu'un puisse lire dans tes pensées ?

Lukas fronça les sourcils, observa un instant Nico et se perdit dans la contemplation du plafond. Ses lèvres étaient serrées, signe chez lui qu'il réfléchissait. Voyant qu'il ne le prenait pas mal, Nicolas continua :

- En fait c'est vraiment étrange, j'ai l'impression qu'il sait tout... Et puis il me regarde tout le temps... bizarrement, je ne trouve pas d'autre mot. Ca fait limite peur parfois.
- Tu le connais depuis longtemps ce type ? C'est le Joris dont tu me parlais il y a pas longtemps ?
- Oui. Je l'ai croisé à un arrêt de bus et j'ai l'impression qu'il me suit à la trace, il est toujours là quand on ne l'attend pas. Ca fait une semaine que je ne l'ai pas revu.
- Ok... Je ne sais pas trop quoi te... Nico !!!! Monte le son ! »

Nicolas ne comprit pas tout de suite mais augmenta tout de même le son de la télé. La journaliste annonçait que le corps retrouvé dans le lycée incendié n'était pas celui de la bonne personne et que les parents avaient demandé un test ADN pour vérifier, ce qui n'avait pas été accordé au début de l'enquête pour des raisons que nul ne connaissait. Le véritable corps avait été retrouvé dans le coma par les maçons qui travaillaient à la reconstruction du bâtiment et avait été transféré en urgence à l'hôpital en début de semaine. Le jeune homme à qui le cadavre appartenait s'appelait Gabriel Clément et avait été recherché pour fugue dans tout le pays. Lukas regarda la télé comme si elle venait de danser la Macarena et se tourna, ahuri, vers son ami.

« C'est quoi ces histoires ? Tu ne m'as pas dit que ta mère a été sur l'enquête au début ? Ils n'ont pas fait de test ADN ?

Nicolas soupira et reprit sa position contre son oreiller, les yeux dans le vague.

- Disons qu'elle n'avait pas vraiment le droit d'en parler. La police a refusé le test parce qu'elle n'était soit disant pas assez compétente pour ça. L'affaire a été transférée à Paris, se sont eux qui se sont occupés de tout. Ils avaient même des suspects mais n'en n'ont jamais informé la police de Lyon et la presse. C'est tout ce qu'elle a bien voulu nous dire, et encore, il fallait lui tirer les mots de la bouche.
- Ouais si tu veux, n'empêche qu'ils ont retrouvé une autre personne maintenant ! Si le mort s'appelle Gabriel, alors lui c'est qui ? S'il a été dans le coma pendant des mois, coincé sous les décombres, il ne risque pas de s'en sortir ! Personne ne l'avait remarqué ? Désolé mais moi j'y crois pas...

Il piqua une guimauve dans le paquet, qu'il tendit à Nico, et continua.

- Si ce type est resté dans le bâtiment tout ce temps, les pompiers l'auraient découvert. Ou les maçons l'auraient vu bien avant !
- Lukas, on n'est pas dans un film alors ne va pas t'imaginer qu'on l'a enlevé pour je ne sais quelle raison et qu'on l'a remis ici pour...
- C'est exactement à ça que je pensais. »

Nicolas secoua la tête, accablé devant l'imagination parfois bien trop débordante de Lukas. Mais apparemment, le jeune homme blond n'avait pas l'air de vouloir changer de sujet, encore moins de point de vue.

« Et puis pourquoi ils ne donnent pas son nom ? C'est totalement...
- Lukas, si tu étais dans le coma après que tout le monde ai crut que tu étais mort carbonisé, tu aimerais vraiment que tout le monde sache ton nom ?
Lukas haussa les épaules avec une grimace.
- Ils ont bien montré sa photo au journal télévisé il y a quelques mois, argumenta-t-il.
- S'ils ne le refont plus, il y a bien une raison.
- Ah, les parents ! » soupira Lukas.

Nicolas laissa tomber, essayer d'avoir une discussion avec Lukas sur un sujet comme celui-là relevait d'un véritable défi. Or, aujourd'hui il n'avait pas spécialement envie de parlementer. Le fait de n'avoir plus croisé Joris ces derniers jours lui pesait sur la conscience. Pourtant, il ne se rappelait pas avoir dit quelque chose de vexant. Mais peut-être était-il simplement trop occupé et qu'il ne pouvait plus sortir comme il le voulait. Néanmoins, Nicolas se posait des questions qui demeuraient malheureusement sans réponse, à son plus grand énervement. Lukas éteignit la télé, avala une ou deux guimauves et tandis sa main à Nico pour l'aider à se lever.

« Il n'est que six heures, on va faire un tour ? On est samedi on a largement le temps de faire nos devoirs !
- Si tu veux mais je sais encore me lever tout seul. »

Ils sortirent de la chambre et croisèrent Victor en descendant à la cuisine. Le jeune homme semblait en plein conversation avec sa mère et les deux garçons s'éclipsèrent silencieusement. La nuit tombait de plus en plus tôt et les lampadaires étaient déjà allumés. Ils entrèrent dans un parc pour enfants, à quelques minutes de la maison, il n'y avait plus personne à cette heure. Lukas s'assit sur une vieille balançoire usée et Nicolas s'installa en face de lui, le dos callé contre la barrière du parc.

« Lukas ? »

L'intéressé releva la tête de ses chaussures et fut étonné de l'air totalement absent de Nico. Il semblait perdu dans ses pensées, comme parti dans un autre monde. Lukas ramassa un caillou par terre et le lança à côté de son ami pour le faire revenir à la réalité. Nicolas sursauta et eut un sourire désolé.

« Je pensais à autre chose...
- Tu voulais me dire quoi ?
- Hein ? Oh non, rien finalement. C'est rien. »

Nicolas soupira et posa sa tête contre la grille derrière lui. Il ne pouvait tout simplement pas dire qu'il s'inquiétait pour Joris alors qu'il ne l'avait vu que deux ou trois fois. Pourtant, le fait de se dire qu'il n'avait pas eu de ses nouvelles depuis une semaine le contrariait. Lukas vint s'assoir à ses côtés et plissa légèrement les lèvres en regardant le ciel qui commençait à se couvrir d'étoiles.

« Nick ?
- Hum ?
- Tu n'as pas de copain en ce moment ? »

Nicolas pencha la tête de côté pour essayer de croiser le regard du jeune homme mais sans succès.

« Pourquoi tu veux savoir ça ?

Lukas hésita un instant avant de répondre :

- Par rapport à Joris.
- Qu'est-ce qu'il a à voir ?
- Je ne sais pas... T'es bizarre depuis que vous vous êtes... croisé.
- Tu vas vraiment chercher des trucs loin des fois ! répondit Nico en rigolant.
- Mouais... »

Nicolas sentit son téléphone vibrer dans sa poche et le sortit pour lire le message que sa mère venait de lui envoyer. Il remit ses cheveux en place, se leva et serra la main de Lukas.

« Je dois rentrer. On se voit lundi.
- Ok, à lundi. J'y vais aussi de toute façon. »

Il se leva à son tour et partit de son côté tandis que Nicolas retournait chez lui. Quand il arriva, Victor était toujours en pleine conversation avec sa mère. Il entra dans la cuisine et s'assit à côté de son frère, intéressé par la conversation. Victor se tourna vers lui et lui dit en souriant :

« Je vais bientôt prendre un appartement, on en parlait avec maman. Tu viendras me voir ?

Nicolas hocha la tête en se servant un verre d'eau.

- Tu sais que oui, pourquoi tu me demandes ?
- On ne sait jamais ! » plaisanta Victor.

Nicolas fit une grimace à son frère et monta dans sa chambre en attendant que son père arrive pour le dîner. Après tout, peut-être que relire ses cours ne lui ferait pas énormément de mal.

# Posted on Tuesday, 02 June 2009 at 6:04 AM

Edited on Thursday, 29 October 2009 at 12:40 PM